Pourrait-on manger ce que mangent les animaux pour ménager la planète?

On entend souvent dire que si on mangeait directement les aliments donnés aux animaux, on pourrait ainsi nourrir plus de monde. Qu’en est-il réellement?

Le nombre d’humains augmente partout autour du globe. Et nourrir tout le monde devient un défi. Selon un rapport de l’ONU de 2019, 821 millions de personnes souffrent de la faim. Un chiffre en augmentation.

Dans ce débat, un argument revient souvent: pourquoi est-ce que l’on ne mangerait pas ce que les animaux mangent, pour ainsi mieux rentabiliser les denrées et mettre fin à la faim? Ce qui permettrait aussi, par la même occasion, de réduire les émissions de CO2, en mettant fin à l’élevage, qui est réputé polluant.

Des chiffres sont même avancés: il faudrait environ 4 kilos de céréales pour produire 1 kilo de viande de porc et jusqu’à 7 kilos pour faire un kilo de viande de bœuf. Or, ces chiffres, repris dans de nombreux médias, traitent principalement des marchés de la viande américain et brésilien.

Le cas helvétique

En Suisse, les animaux d’élevage consomment en priorité ce qu’on produit sur place. Les bovins, par exemple, s’alimentent en grande partie des herbages, qu’on a la chance de compter très nombreux en Suisse. Les fourrages grossiers, comme l’herbe et le foin, constituent 87% des aliments ingérés par les animaux de rente dans notre pays.

De plus, parmi les terres agricoles, qui totalisent quand même 1 million d’hectares, seuls 27% sont des terres ouvertes ou dédiées à l’arboriculture. Le reste est composé d’herbages, de pâturages ou d’alpages.

Ces dernières, malheureusement, ne sont pas arables. Or, y mettre des animaux de rente, c’est valoriser ces terrains. Dans bien des élevages, les bovins, par exemple, passent six mois dans les champs, à ne manger que ce qui pousse par terre. Soit de l’herbe, que l’homme ne peut consommer directement.

Et le reste?

Bien sûr, les animaux suisses mangent aussi d’autres aliments. De quoi leur donner des protéines ou de l’énergie supplémentaire. Parmi les aliments pour animaux d’élevage populaires en Suisse, on trouve bien sûr des céréales. Dont du soja. Ce dernier est importé, évidemment, mais pas à n’importe quel prix. Il faut savoir que la Suisse a interdit, voici des années déjà, le soja génétiquement modifié. De plus, 99% du soja importé est labellisé durable, ce qui garantit qu’il n’engendre pas de déforestation pour sa production.

Mais les animaux d’élevage du pays ne mangent pas que ça. Bien au contraire. Il y a beaucoup d’exploitations qui fonctionnent en «100% local», se fournissant chez le voisin en maïs, en orge ou en millet. Et en plus de cela, on utilise passablement de produits dérivés de l’alimentation humaine.

En effet, malgré toute la bonne volonté qu’on peut y mettre, l’homme ne peut pas manger l’intégralité du blé récolté, par exemple. Seul quelque 66% de l’épi est comestible et se destine à remplir les assiettes des Suisses. Or, la part restante peut encore être employée pour nourrir des animaux. Il en va de même pour la mélasse des betteraves sucrières, les racines de certains végétaux, comme les endives, ou encore des produits de meunerie et les pommes de terre.

Le petit-lait, issu de la production du fromage, nourrit notamment les porcs suisses. Bref, ça représente plusieurs centaines de milliers de tonnes de denrées qui seraient autrement gaspillées, comme le précisent les paysans suisses au travers de leur plateforme Agriculture durable.

Peut-on avoir bonne conscience en mangeant de la viande suisse?

La bonne recette est la suivante: consommer raisonnablement des quantités adéquates, mais de la plus grande qualité. Et cette dernière n’est pas assurée seulement par le filet (mignon) et d’autres morceaux nobles, mais aussi par le ragoût, le rôti, les abats ou la charcuterie.

L’avenir appartient à une consommation modérée et consciente et chaque consommateur doit décider lui-même de sa consommation de viande. Quiconque mange de la viande suisse peut toutefois avoir bonne conscience en ce qui concerne l’écologie et l’éthique.

Et donc, pourrait-on manger ce que mangent les animaux pour ménager la planète?

Pas dans le cas de l’élevage comme on le pratique en Suisse. Seule une petite partie des céréales dédiées aux animaux pourraient être consommées par l’homme. Mais pas de quoi nourrir grand monde, malheureusement.

Dans le cas d’un élevage intensif, où les animaux grandissent au sein de véritables usines, là la question est plus pertinente. En effet, dans certaines régions du globe, la part de céréales donnée au bêtes est d’autant plus importante, car c’est autant de protéines que ces dernières vont transformer rapidement en muscle. Mais on est alors loin d’un élevage à l’air libre. Les bêtes souvent ne voient que leur cage et pas une touffe d’herbe ne pousse sur le sol. Et ce sont d’ailleurs ces élevages de masse qui polluent le plus notre planète et assèchent des régions entières.

Or, l’élevage tel qu’on le connaît en Suisse a une vraie logique. Il fait partie de tout un cycle, recyclant une partie inutilisée de denrées produites pour l’homme, offrant en retour un fertilisant prisé par l’agriculture et entretenant les splendides pâturages qui font de la Suisse un paysage de carte postale en le protégeant de l’érosion.

Ce qui est à condamner, c’est un élevage intensif et une production de viande et de lait n’ayant pour but que d’avoir les meilleurs rendements, sans se soucier de la qualité, comme c’est le cas dans de nombreux pays.

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